Bulletin n°82 : L’accès aux soins de santé – Constat
Résumé du bulletin n°82 :
Difficulté croissante d’accès aux soins en France
La pénurie de médecins et la difficulté d’accès aux soins s’aggravent, notamment dans les zones rurales et moins dotées.
En 2025, plus de 6 millions de Français n’ont pas de médecin traitant, soit environ 11 % de la population. Plus de 714 000 personnes en ALD sont sans médecin référent. 20 % des 17-30 ans sont sans suivi médical coordonné. La situation s’aggrave avec le départ à la retraite et le non-remplacement des professionnels.
En 2023, l’indice d’accès aux soins à Fontaine est de 62,5 %, considéré comme fortement doté. Le nombre de professionnels de santé à Fontaine a fortement diminué, notamment radiologues et gynécologues. Conséquence, il est difficile de trouver médecins traitants et spécialistes, les délais d’attente augmentent.
Causes politiques et sociétales du déficit médical
L’histoire du numerus clausus, le vieillissement médical, et les conditions de travail expliquent la pénurie.
Le numerus clausus instauré en 1971 limite le nombre d’étudiants en médecine, avec une suppression en 2019 pour un numerus ouvert. Entre 1976 et 1993, le nombre de médecins formés a chuté de 8 281 à 3 500, puis est remonté à 9 300 en 2019. 43 % des médecins généralistes ont plus de 60 ans en 2025. La population âgée de 75 ans et plus représente 11 % de la population, générant 22 % de l’activité hospitalière. La liberté d’installation des médecins favorise la concentration en zones attractives, aggravant la pénurie rurale ainsi que les conditions de travail peu attractives, de longues heures de travail, des charges administratives en hausse et une rémunération insuffisante. La féminisation croissante des professions médicales, avec 52 % des généralistes en 2025, modifie les attentes professionnelles. La demande de balance entre vie professionnelle et vie privée influence la carrière médicale. Enfin le dépassement d’honoraires, notamment en secteur 2 et 3, limite l’accès aux médecins pour les faibles revenus.
Témoignages historiques et locaux sur la médecine à Fontaine
Les témoignages évoquent l’évolution de la médecine locale, de l’après-guerre à aujourd’hui.
Dans les années 1940-1960, trois médecins étaient installés à Fontaine, exerçant dans des villas comme le Dr Reymond, le Dr Baudry, et le Dr Eymard, qui ont marqué l’histoire locale. La fermeture de certains cabinets et pharmacies a réduit l’offre de soins. La ville a connu des projets de centres de santé non aboutis, aggravant la situation. La dégradation de l’offre de santé a été constatée par des habitants, notamment pour les spécialistes et les services de radiologie. La fermeture de centres et la difficulté à trouver des praticiens ont impacté la population, surtout les personnes âgées. Des témoignages soulignent la difficulté pour les Fontainois de se faire soigner dans leur commune, avec des délais longs et des départs de médecins. La situation actuelle est marquée par une pénurie de spécialistes et une offre de soins en déclin.
Inquiétudes et témoignages des habitants
Les habitants expriment leur inquiétude face à la dégradation de l’offre de soins et à l’avenir médical de Fontaine.
Plusieurs ont vu partir leurs médecins, notamment généralistes et spécialistes. La difficulté à trouver un médecin traitant ou un spécialiste est une préoccupation majeure. La fermeture de centres de radiologie, laboratoires, et pharmacies complique l’accès aux soins. Les délais d’attente pour les rendez-vous, notamment en radiologie et kinésithérapie, sont longs. La population âgée, comme Anna, Jean, Lydie, et Michelle, a besoin d’un suivi médical régulier, souvent difficile à obtenir. Certains habitants doivent se déplacer dans d’autres villes pour consulter des spécialistes. La fermeture de services essentiels, comme le centre de sécurité sociale, a accentué les difficultés. La dégradation du système de santé locale est perçue comme un frein à l’attractivité de Fontaine. Les habitants demandent des mesures pour faciliter l’installation de nouveaux médecins et améliorer l’offre locale.
Perspectives et attentes pour l’avenir médical de Fontaine
Les habitants et témoins souhaitent une relance de l’offre de soins et une meilleure organisation par la création de centres de santé et l’installation de nouveaux praticiens. La télémédecine et la facilitation de l’installation de structures de proximité sont évoquées mais la nécessité d’un engagement des élus locaux, régionaux et nationaux est soulignée. La population attend une meilleure accessibilité aux soins pour tous, notamment pour les personnes âgées et à faibles revenus. La ville possède des atouts pour relancer une dynamique dans le domaine médical, mais des efforts sont nécessaires.
La création et l’évolution de la Sécurité Sociale
La Sécurité Sociale, née en 1945, représente une révolution sociale basée sur la solidarité, visant à protéger tous face aux risques sociaux. Créée en 1945 dans le cadre du Conseil national de la Résistance, elle fusionne anciennes assurances maladie et retraite. Son principe fondamental est la solidarité, avec une gestion paritaire (représentants des travailleurs et employeurs). L’ordonnance du 4 octobre 1945 est l’acte de naissance du régime général. La protection est universelle et obligatoire, avec des prestations égalitaires et cotisations basées sur le salaire. Ambroise Croizat et Pierre Laroque ont été des figures clés dans sa mise en place. La Sécurité Sociale est une utopie sociale devenue une réalité, avec une forte implication des militants syndicaux comme la CGT.
Évolution des protections sociales depuis 80 ans
Depuis 1945, la protection sociale a connu de nombreuses réformes pour s’adapter aux enjeux économiques et sociaux.
En 1947, un régime de retraite complémentaire pour les cadres est créé, puis en 1961 pour les non-cadres.
En 1956, un minimum vieillesse est mis en place pour les plus de 65 ans.
En 1967, les risques sont séparés en trois branches (santé, vieillesse, famille) avec une gestion paritaire renforcée.
En 1983, l’âge de la retraite passe de 65 à 60 ans.
En 1991, la Contribution Sociale Généralisée (CSG) est créée, supportée par salariés et retraités mais pas par les employeurs, pour financer la protection sociale.
En 1993, la durée de cotisation augmente de 37,5 à 40 ans.
En 2004, un forfait de 1 euro par acte médical est créé et en 2009, création des Agences Régionales de Santé (ARS).
La crise du COVID-19 a renforcé le rôle des ARS dans l’organisation des soins.
En 2015, les allocations familiales sont modulées selon les revenus.
La gestion et le rôle des acteurs dans la Sécurité Sociale
Les représentants syndicaux jouent un rôle dans la gestion, mais avec des limites, notamment en termes de majorité.
Michel Cialdella, ancien administrateur, a représenté la CGT à la CPAM de Grenoble de 1991 à 2009 explique que le Conseil d’Administration comprend des représentants des salariés, employeurs, mutualités, et une personnalité qualifiée. La majorité des membres sont des représentants des employeurs, avec une minorité syndicale. La gestion concerne l’orientation, le contrôle, le budget, la politique sanitaire et sociale, et la gestion immobilière. La gestion du personnel est directement assurée par l’État. La Sécurité Sociale a toujours été attaquée par le patronat pour réduire les prestations, mais elle a résisté.
La santé scolaire et la prévention en France
Depuis le XIXe siècle, la médecine scolaire s’est structurée pour réduire la mortalité infantile et promouvoir la santé des enfants.
Après 1945, des centres médico-scolaires (CMS) sont créés et des visites obligatoires sont organisées. Objectifs : dépistage des troubles, suivi de la croissance, lutte contre la malnutrition et la tuberculose. Les Trente Glorieuses ont vu la généralisation des bilans de santé gratuits à différents âges. La médecine scolaire collabore alors avec enseignants et assistantes sociales pour un suivi global. Depuis 2010, la santé mentale et environnementale a été intégrée dans le suivi. La vaccination a évolué, avec l’obligation de plusieurs vaccins depuis 2018, notamment le DTP, ROR, hépatite B, HPV. La couverture vaccinale atteint environ 95 % pour le DTP en 2025, mais moins pour ROR (90 %). La France a connu des débats sur la liberté vaccinale, notamment dans les années 1980-2000.
La vaccination et la santé publique
L’histoire vaccinale en France montre une progression avec des campagnes de dépistage et de vaccination massives.
Vaccination obligatoire contre la tuberculose (BCG) depuis 1949, puis contre diphtérie, tétanos, polio. Ensuite, introduction de vaccins contre la rougeole, oreillons, rubéole, hépatite B, méningocoque, HPV. La vaccination est devenue obligatoire pour certains vaccins depuis 2018, notamment pour l’entrée en crèche ou école. La couverture vaccinale est en constante amélioration, avec des campagnes de confiance renforcées. La crise du COVID-19 a relancé la vaccination, mais reste limitée chez les enfants. La campagne HPV gratuite depuis 2023 cible les élèves de 5e.
La santé et l’hygiène à Fontaine
Fontaine dispose d’un centre médico-scolaire depuis 1960, d’un service communal d’hygiène, et d’un espace santé Simone Veil.
La médecine scolaire a été organisée dès la fin des années 1950. La ville gère un centre de vaccination, de planification familiale, et un accompagnement santé. La prévention porte aussi sur la qualité de l’air intérieur dans les établissements. La médecine scolaire locale est peu nombreuse, avec un ratio d’un médecin pour plus de 5100 élèves. La gymnastique corrective et la prévention en milieu scolaire étaient autrefois plus développées. Et la dégradation des services publics de santé scolaire est dénoncée par certains acteurs, notamment Michel Gergin-Monbrun.
Engagement et mémoire dans la lutte pour la santé
Plusieurs figures, comme Marcel Hermite et Michel Cialdella, ont marqué l’histoire de la Sécurité Sociale et de la santé publique.
Marcel Hermite, résistant et militant, a rappelé l’importance de la vaccination et de la solidarité sociale dès 1947.
Michel Cialdella, syndicaliste et administrateur, a milité pour la défense des services de proximité et la gestion démocratique.
La mémoire collective insiste sur la nécessité de préserver la Sécurité Sociale face aux attaques libérales. La publication d’ouvrages et l’organisation de débats publics contribuent à maintenir la conscience de cette lutte. La modernisation et la vigilance restent essentielles pour défendre les acquis sociaux et la santé publique.




