Bulletin n°29 : Les métiers de la montagne
Résumé du bulletin n°29 :
Ce numéro est consacré à la montagne, au pied de laquelle se situe Fontaine, et pourrait être surnommé « Fontaine en Montagne ». La montagne a été une source de travail pour Fontaine, notamment avec ses carrières, et a orienté l’industrie locale vers les loisirs de montagne, donnant naissance à des leaders mondiaux comme Poma et Montaz-Mautino. le terme « la Poya » provient de l’ancienne désignation d’une « route qui monte » vers les alpages, un lieu essentiel pour l’élevage et le métier de berger, dont Edmond Guignier fut l’un des derniers à Fontaine.
Fontaine et ses montagnes
En juin 1987, Grenoble a accueilli le 6e Congrès International des Transports par câbles, un choix justifié par la présence des principales entreprises du secteur, comme Poma, dans l’agglomération. Un timbre commémoratif représentant les « bulles » de Grenoble et les montagnes environnantes a été mis en circulation pour l’occasion.
La montagne à portée de… mains et pieds
L’appellation « Fontaine en montagne » est pertinente, non seulement car de nombreux Fontainois ont leurs racines sur le plateau du Vercors, mais aussi parce que Fontaine est un point d’accès aux promenades dans les Bois de Vouillant. Le site des « Falaises » près de la Zone industrielle, prisé par de grands grimpeurs dans les années 60, est tombé en désuétude avant d’être réhabilité de 1987, notamment sous l’impulsion du Club Alpin Français (CAF) et de Claude Vigier. Ce site d’escalade, parrainé par l’himalayiste Pierre Beghin, a depuis délaissé les compétitions en raison du mauvais temps, mais reste fréquenté l’été par les inconditionnels des parois du « Grand Gitou ».
Concurrents mais néanmoins confrères
Fontaine, étant la porte du Vercors, était le lieu idéal pour implanter les entreprises Poma et Montaz-Mautino, toutes deux spécialisées dans les remontées mécaniques. Montaz et Mautino, deux anciens monteurs de Poma, ont créé leur propre entreprise, qui est passée d’une vingtaine de salariés à 140-150, maintenant une ambiance familiale malgré les disparités salariales. Montaz-Mautino a initialement fonctionné sous licence Poma avant de devenir son concurrent, en utilisant Poma comme référence pour les salaires et avantages sociaux, mais l’entreprise a connu un dépôt de bilan en 1987.
Montaz et Mautino
Jo Albanese, entré chez Montaz-Mautino en 1961 comme job d’été, a évolué au sein du bureau d’études pour devenir responsable du département télésièges. L’entreprise était caractérisée par une ambiance de travail chaleureuse et conviviale, où les employés étaient très impliqués, allant jusqu’à aider l’atelier de fabrication en cas de retard de livraison. L’esprit d’équipe était renforcé par des activités sociales comme le club de foot, les compétitions FSGT et le challenge de l’entreprise.
Victor Lunardi et Robert Réale : deux anciens de Montaz Mautino
Victor Lunardi a été embauché au bureau d’étude de Montaz-Mautino en 1958, après avoir été mis au courant de l’offre d’emploi via une publication des anciens de Vaucanson. Robert Réale a rejoint Montaz-Mautino en 1968, après avoir travaillé chez Neyrpic et Allibert, pour mettre les projets du bureau d’étude dans le circuit de fabrication. Les relations entre les salariés de Montaz et Poma, bien que concurrents, étaient marquées par une « entente cordiale », avec une cohabitation au restaurant municipal et des taquineries sur les terrains de sport.
Rencontre croisée
Victor Lunardi et Robert Réale (Montaz) utilisaient les informations salariales de René Perrier (Poma) comme référence pour les négociations au sein de Montaz-Mautino. Il existait un accord tacite de non-concurrence entre Poma et Montaz-Mautino sur certains produits ou sites, et un rapprochement entre les deux entités fut même envisagé. René Perrier, l’un des premiers employés de Pomagalski, se souvient de l’esprit d’entreprise familial sous Jean Pomagalski, où le fondateur, technicien et créateur, traçait ses idées sur le sol de l’atelier.
Nicolas Cialdella: un Poma
Nicolas Cialdella, embauché chez Poma dans les années 60 comme monteur extérieur, a apprécié travailler en montagne, malgré les dangers et les conditions climatiques extrêmes. Son pire souvenir de chantier est l’avalanche de Flaine en février 1970, où lui et son collègue ont été ensevelis mais ont survécu en se réfugiant dans un pylône.
De l’ascenseur social au simple numéro
Odette Cialdella a débuté chez Poma en 1959 comme secrétaire au bureau d’étude, où elle a bénéficié de l’« ascenseur social » en devenant assistante au service achat. À l’époque, Poma fabriquait la majorité de sa production en interne, mais le développement de la sous-traitance a conduit à une diminution des effectifs et Poma s’est concentré sur les gros appareils. Le déménagement sur le site de Voreppe a marqué un changement dans la direction de l’entreprise, passant d’un management « familial » à une nouvelle approche sociale plus impersonnelle, symbolisée par les procédures de badgeage.




