Bulletin n°22 : Village de la Poya
Résumé du bulletin n°22 :
L’édito annonce que ce numéro se concentre sur La Poya, le cœur historique de Fontaine, un quartier méconnu, souvent réduit à la gare du tram ou à son cimetière. L’histoire de La Poya est racontée par ses habitants, descendants de travailleurs de la terre et de la pierre, qui évoquent leur quartier comme un village avec sa mairie, son curé et ses commerces. Ce numéro célèbre également Audrey Larizza, championne du monde de judo, et prévoit des sujets futurs sur les pompiers et le 20e anniversaire du tram.
La Poya : Un Village dans la Ville
La Poya, signifiant « la montée » en patois, fut le premier peuplement de Fontaine, dont les habitants pratiquaient des activités agricoles et pastorales. Les habitants se souviennent des éléments perdus du quartier, comme la bascule de la carrière Dotto, le lavoir bouché en 1980, et la rigole de la rue, qui était pavée et considérée comme une ancienne voie romaine. La Poya fut autrefois la mairie de la commune (avant 1832) et possédait une vie commerçante animée, incluant une épicerie-comptoir (Gusella), des boulangers ambulants, et un café-bar.
Souvenirs de La Poya
La vogue de La Poya, aussi appelée « Foire aux fromages », se tenait le premier dimanche de septembre et se terminait par un bal et un concours de boules attirant des gens de Grenoble, Sassenage et Seyssins. La carrière Dotto était une entreprise d’une grande importance jusqu’en 1967, fournissant les pierres pour des constructions notables comme la Banque de France de Grenoble et l’église du Sacré-Cœur. Les ouvriers de la carrière Dotto, y compris le contremaître Charles Gadina, se réunissaient après le travail pour des parties de belote au café Olliak ou Gataletta, qui servait parfois de cinéma en soirée.
L’Abbé Vincent
L’Abbé Vincent fut curé de la paroisse de La Poya pendant 36 ans, nommé à la Libération après avoir participé à l’organisation de la Résistance dans le Vercors et sauvé des Juifs. Il était lié par une complicité de guerre au maire Louis Maisonnat et a animé sa paroisse en organisant une kermesse annuelle au château de la Rochette pour financer des loisirs et des camps pour les jeunes de La Poya. Les paroissiens se souviennent qu’il venait prendre son café chez les parents de Josette Auguste, négligeant la porte pour entrer par la fenêtre, et qu’il ne faisait pas de différence entre pratiquants et non-pratiquants.
Du judo dans les tripes : Audrey et Salvador La Rizza
Audrey La Rizza, originaire de Fontaine et petite-fille de Salvador La Rizza, est devenue championne du monde de judo par équipe en septembre 2006 à Bercy, et a été désignée meilleure combattante. La famille La Rizza, dont Salvador est le « magicien des tatamis », est arrivée en Isère en 1925, quittant la Sicile en raison de Mussolini, et Salvador, né en 1927, s’est engagé dans le maquis du Vercors à 17 ans. Salvador La Rizza a commencé le judo tardivement en 1952 et a développé des techniques uniques, transformant le club de Fontaine en le premier club de France après s’être installé au Château Borel.




