Bulletin n°1 : Album de famille
Résumé du bulletin n°1 :
Introduction
Les peuples sont comparés à des arbres : sans racines, ils perdent leur stabilité, leur croissance et leur identité, ce qui conduit à l’appauvrissement ou à la dissolution dans un universalisme vide. Fixer la mémoire d’un peuple est un combat utile, nécessaire pour conjuguer passé, présent et avenir. Le journal « Mémoire au Présent » vise à transmettre le vécu et l’histoire locale, mêlant mémoire collective et intime à travers des témoignages d’habitants et d’associations, avec six éditions prévues jusqu’au 1er juin. Ce numéro présente des initiatives diverses : recherche de camarades d’école, témoignages sur les grèves de 1936 dans les tanneries, histoire d’une famille sicilienne à Fontaine et d’autres rubriques variées autour de la mémoire locale.
Appel à témoins et Engagements contre la guerre d’Algérie
En novembre 1960, 203 jeunes Fontainois signaient un appel contre la guerre d’Algérie, exprimant leur refus de participer à ce conflit qui épuisait la France et appelant au cessez-le-feu et à la négociation pour la paix. L’appel fait référence à une mobilisation internationale de jeunesse (Cuba, Corée, Turquie, Japon) et souligne que ce mouvement, bien que non revendiqué officiellement, est un signe fort d’un engagement local pour la paix. Une commémoration du cessez-le-feu est organisée le 19 mars 2002, avec débats et projections associant protagonistes des deux camps, invitant à enrichir la mémoire collective et le dialogue.
Mémoire ouvrière et vie des travailleurs à Fontaine
Mme Suzanne Poletto témoigne des conditions difficiles du travail dans les tanneries Meissonnier, notamment lors des grèves de 1936 après la victoire du Front Populaire : surcharge de travail, solidarité syndicale et progrès sociaux gagnés. Le travail des enfants est évoqué à travers un livret de 1942, documentant les conditions de travail infantiles au XIXe siècle et jusqu’au milieu du XXe, malgré des lois tardives et peu respectées en France. Un autre témoignage évoque la vie ouvrière à Fontaine, décrivant les conditions du travail à la tannerie puis en fonderie, la vie quotidienne, le labeur, et les mutations économiques jusqu’aux années 1970.
Paroles d’aujourd’hui : regard sur la jeunesse et la société
Hassine Akriche, 24 ans, partage une critique du système des MJC perçues comme déconnectées des besoins réels des jeunes, évoque le sentiment d’exclusion sociale, l’absence de repères et un pessimisme face à l’avenir. Il souligne que la jeunesse doit souvent se battre pour accéder à l’éducation, à la reconnaissance et à l’emploi, dénonçant le manque de représentants politiques issus de la diversité et la manipulation médiatique autour de l’insécurité. Malgré ces difficultés, il reste un optimisme réaliste, fondé sur l’espoir en l’Europe et en une nécessité d’harmonisation et de reconnaissance des différences culturelles.
Album de famille et vie quotidienne d’une famille sicilienne à Fontaine
Mme Diega Pesenti raconte son arrivée et son installation à Fontaine en 1957, le mode de vie dans un habitat collectif précaire, les difficultés d’accès à l’eau et aux toilettes ainsi que la solidarité entre familles. Les photos d’album illustrent la vie rurale près de la digue, la culture maraîchère, les jeux des enfants, les relations avec le camp des Gitans voisin, et les activités communautaires comme les carnavals et les corsos. Le témoignage souligne aussi la trajectoire professionnelle du mari, maçon itinérant, le rôle central de la famille dans la gestion du budget et des tâches domestiques, ainsi que le poids des souvenirs liés à la migration et à l’identité fragile.




